Nous les avons quittés aux Etats-Unis où ils poursuivent leur fabuleux road trip afin de relier Mar del Plata en Argentine à Brest en Bretagne. Leur fidèle compagnon ? Un Combi sud-américain de 1982 baptisé Renata à bord duquel ils découvrent le monde à leur rythme. Iris et Franck sont à présent arrivés aux Etats-Unis où ils vont encore faire de très belles rencontres.

Amerikando_222« Aux Etats-Unis, nous avons explosé le compteur kilométrique. Du Texas à New York, puis de la grosse pomme jusqu’à la Floride et de Miami à la Californie en passant pas tous les parcs du Sud-Ouest, nous y avons roulé au total plus de 20.000 kilomètres. Un quart de la distance totale de notre voyage !

Il faut dire qu’aux Etats-Unis tout est fait pour vous pousser en avant. C’est un espace immense où tout est pensé et calculé pour la voiture, pour la route. Il faut le voir pour le croire. Un américain sans voiture est comme un cow-boy sans cheval : il ne survit pas. On ne sait pas à quel point on aimerait y vivre mais nous avons adoré y voyager. Surtout avec notre Combi.

C’est d’ailleurs une expérience que l’on recommande à tous les fans de belles mécaniques. Rouler de nuit avec le thermos rempli de café au caramel, de celui que l’on achète pour à peine plus d’un dollar le litre dans n’importe quelle station service ; répondre à tous les gens qui klaxonnent et lèvent les mains pour nous saluer en nous doublant ; rouler sur des deux fois huit voies et lire des panneaux aux noms mythiques, tels Death Valley, San 

Francisco, Miami… C’est comme dans les films. C’est de la liberté à l’état pur.

En route vers la Californie…

Après la Floride, nous avons pris la route de l’Ouest, en direction de la Californie. Avant d’y arriver, nous sommes passés par la Nouvelle Orléans, juste à temps pour le mardi gras, au Mexique, histoire de renouveler notre visa, et dans tous les grands parcs Nationaux du Sud Ouest, dans l’Arizona et l’Utah, où nous avons passé plus d’un mois.

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Nous avons du mal à exprimer ce que nous avons ressenti en découvrant des endroits mythiques comme Monument Valley, le Grand Canyon, Bryce Canyon, ZionParmi les plus beaux endroits que nous n’ayons jamais vus. Sincèrement. Quand nous sommes descendus avec le Combi pour rouler entre les immenses formations de Monument Valley, c’était comme entrer dans un film de Sergio Leone. On se sentait dans la peau de John Wayne.

Seul le froid nous faisait redescendre sur terre. La nuit, les températures étaient largement négatives et dans le Combi on n’en menait pas large. Au petit matin, les réserves d’eau étaient glacées ! On a donc rapidement investit dans de bons sacs de couchage et dans un petit réchaud de camping qui fonctionne à l’essence, tous deux nous ont changé la vie !

Nous sommes arrivés en Californie à la mi-mars, juste à temps pour le printemps. La Californie, c’est LE paradis du passionné de Combi (on ne connaît pas l’Allemagne). Il y a des clubs partout et dans les plus grosses villes (Los Angeles en tête), les évènements se tiennent toutes les semaines. Autre point très positif : nous avons reçu de très nombreuses invitations et les nuits dans le Combi furent rares. On a commencé par découvrir Death Valley, le point le plus bas des Etats-Unis et un de nos parcs nationaux préférés, puis nous sommes arrivés à San Francisco. Magnifique.

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Là, nous avons fait une de ces rencontres qui change un voyage. Quand nous étions à New York, on avait reçu une invitation de Mike, un père de famille qui restaure son Combi, le dimanche dans son garage. Un gars en or. Nous sommes arrivés chez lui un vendredi soir et à la fin du repas, Ann, sa femme, nous a dit : « Ici, vous êtes chez vous. Vous pouvez rester aussi longtemps que vous le voudrez ». Une fois de plus, nous nous rappelions des mots de cet ami vénézuélien : « Vous verrez : VW ce n’est pas une marque, c’est une famille. » Aujourd’hui nous pouvons le dire sans exagération : ils font partie des amis les plus chers que nous ayons.

Préparer la suite de notre voyage…

Il faut dire que l’on n’aurait pas pu rêver mieux. Pour nous, la Californie était un immense défi : c’est la fin de notre odyssée sur le sol américain et l’endroit d’où nous devions trouver un moyen de traverser l’un des plus grands océans de la planète : l’océan Pacifique.

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Nous nous sommes vite rendu compte que nous aurons moins de difficultés à rassembler l’argent nécessaire qu’à obtenir un sponsoring de la part d’une entreprise de transport et une fois de plus, la communauté VW fut la clef de notre réussite. Pendant un mois et demi, nous avons donc sillonné la Californie, d’évènement en évènement, de réunion de club en réunion de club, pour vendre nos tee-shirts, nos photos, nos cartes postales. Le Spring meet de Kelley Park, le Bug In de Los Angeles… A chaque fois, nous avons été reçus à bras ouverts et à chaque fois nous nous sommes approchés de notre objectif : réunir les 3.500 dollars que coûte la traversée, transport du Combi et billets d’avion inclus.

C’est d’ailleurs pendant un de ces évènements que nous avons rencontré Rex, un grand gars qui sourit tout le temps et qui va de car show en car show pour vendre ses tee-shirts et ses patchs estampillés VW. Dans ses années de jeunesse, il a vécu un an en Argentine et il nous a tout de suite proposé son aide. Dans son atelier perché dans les montagnes, nous avons travaillé pendant une semaine complète sur le moteur de notre Combi. Ce qui ne devait qu’être un contrôle de routine s’est transformé en une reconstruction complète et quand nous l’avons embrassé pour la dernière fois, le moteur était refait à 100% ! Fin prêt pour la traversée de l’Asie.

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Finalement, le jour du grand départ est arrivé. Le Combi a quitté le port de San Francisco le 5 mars et nous avons pris l’avion une semaine plus tard. Les adieux à Ann, Mike, et leurs deux petites filles furent difficiles mais nous nous sommes promis de nous revoir le plus vite possible. Au début nous pensions aller directement eu Russie mais les prix sont tels qu’il était beaucoup plus intéressant de passer par un pays qui nous faisait rêver depuis toujours : le Japon ! Quelle excitation au moment de monter dans l’avion !

Une arrivée à Tokyo inoubliable

A l’aéroport de Tokyo nous avons été reçus par Chiaki, le patron d’un garage spécialisé… dans les VW refroidies par air ! Depuis la Californie nous avions noué de nombreux contacts et avant même de découvrir Tokyo, nous avions un emploi du temps bien chargé !

Amerikando_228Nous avons passé nos premiers jours chez Yumiko et Tomokazu, un couple de jeunes, heureux propriétaires d’un combi 1972 ! C’est qu’au Japon l’enthousiasme autour de la marque de Wolfburg est immense. Depuis les évènements où nous avons explosé nos records de ventes jusqu’à notre passage par la télévision nationale, ce que nous devons à la communauté VW locale est énorme. Le dernier week-end de mai, nous participions à la grande caravane de Maebashi.

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Deux semaines plus tard, nous prenions part à la concentration annuelle de Chiba et à chaque fois, nous avons été reçus à bras ouverts. On se sentait privilégiés. Une fois de plus, nous nous sommes faits des amis pour la vie… Et en grande partie grâce à notre Combi ! Le principal club du Japon s’appelle le KDF Owners Of Japan et même si on sait que la probabilité qu’ils lisent ces lignes est infime on se doit les remercier de tout cœur ici, Monsieur Nobusawa, leur président, et Kaname en tête.

Et puis le Japon est un pays fascinant. Une de nos meilleures expériences de voyage. La culture est immense, les paysages sont incroyables, et dans tout ce qu’ils font, les japonais poussent le perfectionnisme jusqu’à des niveaux jamais vus ailleurs. Nous sommes restés un mois et demi.

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Le tout dernier soir, alors que nous dormions sur une plage près de l’embarcadère d’où allait partir notre ferry pour la Russie, nous avons reçu la visite deux fanatiques de Combi qui voulaient nous rencontrer avant que nous quittions le pays. On s’est fait un bon barbecue et au moment de nous séparer, au milieu de la nuit, nous nous sommes rendus comte qu’ils avaient roulé plus de 300 kilomètres rien que pour nous rencontrer ! Nous sommes restés sans voix. C’est un pays qui restera à jamais dans nos mémoires.

Entrée mouvementée en Russie…

Nous sommes arrivés à Vladivostok après trois jours de navigation et le choc fut immense. D’abord, il nous a fallu quatre jours pour faire les démarches douanières et récupérer le Combi, paiement des pots-de-vin inclus ! Nous n’avions jamais vu ça, même en Amérique Centrale. Et puis après le Japon, tout nous paraissait sale, mal entretenu, délabré. On a mis quelques jours à s’habituer.

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Puis nous avons commencé notre remontée vers le nord afin de contourner la Chine (inaccessible pour les étrangers avec leur propre voiture) et vers l’Ouest avec la France en ligne de mire. C’était la première fois qu’une si grande distance s’ouvrait face à nous et la sensation de liberté fut immense. Exactement comme le jour où nous avons quitté Mar del Plata. Alors quelque chose s’est passé. Jour après jour, on a commencé à apprécier les charmes de la Sibérie et bientôt, nous en sommes tombés amoureux.

La Sibérie est très différente de ce à quoi on s’attendait. Tout d’abord, les étés y sont chauds. Très chauds même, puisque les températures dépassent régulièrement les 35ºC. Ensuite, la nature y est splendide, débordante de vie et nous avons passé un mois à vivre comme des indiens, passant nos journées au bord des rivières, à cuisiner au feu de bois, à nous baigner, à admirer le paysage. Et enfin, les routes sont bien meilleures que ce à quoi on s’attendait. Parfait ! Nous sommes arrivés face au lac Baïkal aux alentours du 20 juillet et nous y sommes restés une semaine. C’est le plus grand lac du monde et sa profondeur atteint 1600 mètres ! Les habitants du coin l’appellent d’ailleurs « la mer ».

Mongolie nous voilà !

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Une semaine plus tard nous entrions en Mongolie. La Mongolie… encore une terre dont le nom fait rêver. Les deux premières semaines, nous avons vécu une véritable histoire d’amour avec ce pays. Comme le peuple vit toujours de manière nomade, la terre n’appartient à personne et c’est tout simplement le plus grand terrain de camping au monde. On dormait au bord de petites rivières, face à des lacs immenses, au milieu de vallées sans fin, au sommet de collines verdoyantes… Et bien souvent seuls au monde. La nature y est magnifique, vierge comme nulle part ailleurs. On est longtemps restés sous le charme.

Puis la route a commencé à devenir de plus en plus difficile. Le goudron est vite devenu un lointain souvenir et le Combi a énormément souffert. On faisait du 20 kilomètres heures de moyenne et parfois du dix mais les problèmes se sont multipliés. On a perdu le pot d’échappement plusieurs fois, le réservoir s’est percé, le train avant s’est mis à faire un bruit infernal, les énormes quantités de poussière rendaient le système de refroidissement de moins en moins efficace, l’installation électrique s’est mise à faire des siennes et bien évidemment, nous avons crevé plusieurs fois. Nous avons passé des journées entières à réparer, dans l’impossibilité de trouver le moindre mécanicien qualifié, même dans les villes qui, sur la carte, étaient importantes. L’avant dernier jour, nous avons été forcés de traverser une rivière qui nous paraissait très compliquée.

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C’était la seule route vers la frontière : impossible de passer par un autre endroit. Bien évidemment, le Combi est resté bloqué au milieu ! Un sale moment. Et pas un chat à 20 kilomètres à la ronde ! Nous avons dû attendre des heures puis finalement deux 4×4 russes nous ont remorqués et on a pu en sortir. Le moteur était rempli d’eau, l’huile de la boîte de vitesse était hors d’usage et comme le courant et l’eau glacée rendait les mouvements difficiles, on a mal arrimé le câble de remorquage et la barre stabilisatrice s’est envolée !

Le lendemain, nous entrions de nouveau en Russie, plus soulagés que nostalgiques. Soyons clairs : la Mongolie est une terre fascinante. On la recommande à tout le monde… Sauf aux propriétaires de Combi !

De retour en Russie, nous avons découvert une autre région magnifique : la république d’Altay, qui fait beaucoup penser à la Suisse ou aux montagnes françaises. De nouveau, les températures sont estivales et de nouveau, la Sibérie nous surprend, nous séduit. Nous nous sentons de mieux en mieux dans ce pays où les gens sont très solidaires et où les mécaniciens savent trouver des solutions simples à n’importe quel problème. Comme en Mongolie, les gens regardent le Combi comme un OVNI mais la motorisation leur est familière : les soviétiques fabriquaient des 4×4 refroidis par air. Ils ont aussi une camionnette 4×4, toujours en fabrication, dont la forme est la copie exacte du Combi !

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De nouveau, les températures flirtent avec les 30ºC / 35ºC. Les routes sont en excellentes conditions mais nous multiplions les arrêts pour problèmes techniques. Les restes de la Mongolie… Nous ne devrions plus en avoir pour très longtemps ceci dit car les choses commencent à redevenir normales.

En allant vers le Kazakhstan…

Nous sommes aux portes du Kazakhstan et donc de l’Asie Centrale. C’est un grand dilemme : tous les pays qui composent cette partie du monde (Ouzbékistan, Turkménistan, Iran…) sont toujours relativement fermés et le coût des visas est parfois prohibitif, quand il ne faut pas en plus s’acquitter de frais d’entrée de véhicule personnel de plus de 300 euros et voyager avec un guide officiel, comme au Turkménistan.

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On a souvent l’impression que ces pays ne veulent pas recevoir de touristes. Les procédures sont lourdes, longuesfatigantes… Et nous pensons de plus en plus souvent à revenir par la Russie et à voyager plus longtemps en Europe. Car la grande nouvelle de ce début d’automne, c’est que nous avons décidé de la date à laquelle se terminera ce grand voyage : ce sera le vendredi 26 mars, à Brest, deux ans jour pour jour après notre départ de Mar del Plata. Il nous reste donc plus de 6 mois pour profiter de cette aventure, de notre Combi et de tous les gens formidables qu’il nous permet de rencontrer !

Cap à l’Ouest, en avant toutes ! »

Retrouvez la suite des aventures du road trip Amerikando sur BeCombi et en version intégrale sur www.amerikando.com Enfin, pour les plus passionnés d’entre vous qui souhaiteraient connaître tous les détails du voyage d’Iris et Franck, nous vous recommandons la lecture de leur livre baptisé sobremment « Amerikando, les routes de la liberté ».