Roland's Bus Farm | BeCombi

Il aime les bus VW et par-dessus tout les Bay Window : pickup, tôlés et bien sûr Westfalia. Roland est totalement fou des Combi fabriqués entre 1967 (son année de prédilection avec les tous premiers modèles de T2A) et 1979, année d’arrêt de la production du T2B en Allemagne.

Dans son atelier situé à Soignies en Belgique – entre Bruxelles et Mons, non loin de la frontière française – il est à la tête de près d’une cinquantaine de bus qu’il importe des Etats-Unis et qu’il restaure patiemment pour ses clients. Mais son approche est vraiment différente de la majorité des pros que l’on trouve dans le monde des VW anciennes. Roland aime les bus dans leur jus, et il fait toujours le maximum pour conserver leur patine, leur histoire, leur cachet et finalement leur âme.

Retouches de peinture à la teinte, remplacement des tôles nécessaires, remise en état complet des trains et de tous les organes de sécurité, droppage : toutes ces opérations sont prises en charge par la Roland’s Bus Farm !

Roland's Bus Farm | BeCombi

Le résultat nous a réellement séduit, avec des bus qui respirent l’authenticité, qui ont une vraie personnalité et qui – cerise sur le gâteau – conservent des prix relativement raisonnables, compte tenu de l’envolée actuelle du marché. Enfin, depuis peu Roland s’est entouré d’un mécanicien et d’un tôlier/carrossier avec qui il forme une vraie équipe soudée, regroupée autour de cette même passion qui les anime.

Roland's Bus Farm | BeCombi

Mais laissons plutôt la parole à celui qui parle encore le mieux de sa « ferme à bus »…

L’interview de Roland :

Comment est née ta passion pour le monde des VW anciennes et ensuite pour celui des Combi ?

J’ai eu une révélation :
les camionnettes, c’est fait pour moi.
Lorsque j’avais 16 ans, que je roulais encore en scooter et que j’étais encore un petit con, j’ai acheté un Super VW un peu par hasard. J’y ai découvert qu’un shop d’anciennes VW s’ouvrait à quelques centaines de mètres de mon école. C’était la première adresse de PAT, à Waterloo. J’ai vite pris le pli de passer toutes mes fins de journées là-bas, après les cours.

C’est d’ailleurs via Pat que j’ai pu dégoter ma première coccinelle, une 68 que j’ai entre temps restaurée et que j’ai toujours. Après un an ou 2 de cox, l’envie du bus s’est vite faite sentir. J’ai donc trouvé un Bay roulant mais vraiment pas cher parce que j’avais pas trop de sous, et j’ai eu une révélation. Les camionnettes, c’est fait pour moi.

Tu sembles avoir choisi de dédier ton activité aux Bay Window et d’ailleurs nous avons vu beaucoup de Early Bay dans ton atelier. Aucun Split en vue chez Roland Bus Farm ? Certains de tes clients ne te demandent pas des Split ?

Si, on m’en demande souvent et d’ailleurs j’en ai vendu deux la semaine passée, à la demande spéciale d’un client. Mais les Splits ne m’intéressent pas. J’ai toujours été fan de Bay. J’ai bien eu quelques Splits mais je n’ai jamais réussi à les aimer. Alors forcément, je les ai revendus pour m’acheter des Bay! C’est tellement plus beau, un Bay…

J’ai toujours été fan de bay (…)
C’est tellement plus beau, un Bay…
Je trouve que c’est le compromis idéal entre le véhicule ancien, avec tout ce que ça peut avoir d’attirant, et une certaine modernité d’utilisation. Un bay d’origine est super agréable à conduire. Il est très lumineux à l’intérieur, prévu pour des conducteurs de plus d’1m60, les intérieurs campers sont magnifiques et très pratiques. Et puis quand tu sors avec, t’as pas l’impression que tu vas perdre l’héritage que tu voulais léguer à tes enfants si on te fait un coup dedans. Même si ça fait jamais plaisir.

Je suis particulièrement attaché aux T2A de 68, mais plus je travaille sur des T2B, plus je les apprécie. Les couleurs sont magnifiques, les intérieurs camper sont tellement plus utilisables que ceux des T2A, et bien traités, ils peuvent être aussi beaux que les T2A. Il suffit de voir le ABBA looker de chez Vintage Autohaus

Roland's Bus Farm | BeCombiQuel est le périmètre de ton activité aujourd’hui ?

En plus de la vente de véhicules tels quels, je m’entoure progressivement pour proposer la remise en état et en route de bus à la demande du client. Je travaille avec un tôlier/carrossier et un mécano qui sont dans le même état d’esprit que moi, plutôt dans un esprit de centralisation des savoir-faire que dans une logique patron/employé.

On se spécialise dans la rénovation et la préservation de la peinture d’origine, les interventions de tôlerie à minima avec retouche de peinture à la teinte. On fait donc aussi toute la mécanique sur les imports, de l’origine au Full Frenchslammer dont je suis le revendeur en Belgique.

Ce qu’on ne fait pas, c’est les entretiens ou les restos à la demande, sur un véhicule que je n’aurais pas importé. je renvoie les gens chez Pat ou alors au spécialiste de la région du client. Je ne fais pas non plus d’import à la demande, c’est le créneau de Vintage Autohaus et je renvoie les gens chez eux si ils ont une demande. Pareil pour la pièce neuve, il y a assez de revendeurs comme ca.

D’où viennent tes bus ? 100% import US mais aussi modèles européens ?

Principalement de l’import des Etats-Unis, côte ouest et sud-ouest. Parfois, on me propose un bus européen à racheter, mais je n’aime pas trop travailler comme ça. Si il peut passer de particulier à particulier, tant mieux pour celui qui fera une bonne affaire. Mon boulot, c’est d’amener plus de Combi sur les routes européennes.

Mon boulot, c’est d’amener plus de Combi sur les routes européennes.Dans quels pays sont basés tes clients ?

Ça va de l’Espagne à la Hollande, en passant par la France (mon marché principal), la Belgique, la Suisse, l’Allemagne…

Te charges-tu des démarches administratives – carte grise, immatriculation, contrôle technique – pour tes clients ? Qu’en est-il pour le marché français ?

Non, je ne peux pas proposer ces services. Je ne suis pas garagiste, je n’en ai pas la formation et donc pas l’accès à la profession en Belgique. En France, je fournis le véhicule avec les papiers de dédouanement en règle, au nom du client. Il lui restera à faire son dossier FFVE et à passer le contrôle technique une fois le véhicule en ordre. Bien-sûr, j’assiste le client pour le dossier FFVE si besoin.

Quelles sont les types de bus que l’on te demande le plus souvent en ce moment et que proposes-tu alors comme type de prestation ?

Roland's Bus Farm | BeCombiLe camper, T2A ou T2B fait le plus gros de la demande. Un véhicule en ordre, roulant, et relativement sain, entre 10 et 15.000 €. Ce n’est pas toujours évident à proposer parce que le marché est mondial et les vendeurs se rendent bien compte que certains prix explosent un peu partout. Mais on trouve encore des bus à des prix corrects. A la demande, on remet le véhicule sur la route, on fait la tôlerie nécessaire, révision du moteur, etc. Ce qu’il faut pour avoir un combi fiable, beau sans faire trop clinquant.

Une autre demande dans laquelle je me spécialise, c’est le projet dans son jus et pas trop cher. Un bay sympa, en peinture d’origine, mais sur lequel on ne touche pas un boulon à l’atelier. Prix plancher pour le client, je ne sers que d’importateur.

On commence à faire aussi quelques projets à la demande. Un client qui a une envie vient me voir, on en discute un peu et je lui propose une base qui me semble bonne pour son projet. Ensuite on fait le boulot demandé par le client, avec une touche de notre savoir-faire pour quel le bus ait un chouette look !

Les prix semblent s’envoler de façon totalement incontrôlée ces derniers temps, avec des Bay Window affichés à des prix allant de 15.000 à 20.000 € pour des campers et ne parlons pas des Split qui sont désormais totalement intouchables. Comment vois-tu l’évolution du marché en Europe et plus particulièrement dans les pays francophones européens ?

Roland's Bus Farm | BeCombiEffectivement, ne parlons pas des Splits! ;)

Les prix montent doucement depuis de nombreuses années. En Europe comme partout. Le coté positif pour un atelier comme le mien est de pouvoir proposer un bus clef en main avec un certain budget, ce qui nous permet de faire les choses correctement, sans devoir faire des compromis sur certains postes importants. Je ne suis pas pour le nivellement par le bas avec des pièces neuves de qualité de plus en plus médiocre. Je préfèrerais que plus de pièces de meilleure qualité soient dispo, surtout en tôlerie. Ça viendra.

Pour ceux qui se lancent ou qui ont un plus petit budget, les bases à des prix abordables sont toujours là. Il faut juste un peu plus bosser dessus qu’il y a 10 ans! Ou alors se dire qu’on aura pas forcément un Deluxe T2A comme premier Combi.

Dans le haut de gamme, je viens de proposer un Westfalia de 73 à 25.000 €. C’est un budget hallucinant, mais pour un véhicule tout aussi hallucinant. Il faut se rendre compte que le prix d’achat d’un tel bus est très élevé, les taxes sont en rapport, etc. La marge bénéficiaire sur un tel véhicule ne sera pas quatre fois supérieure à celle d’un Combi à restaurer. Bien au contraire. Mais quel plaisir de pouvoir proposer un véhicule exceptionnel comme celui-là. Et si je ne le vends pas, j’imagine que je serai obligé de le garder dans mon atelier et de le voir tous les jours. Je m’en remettrai !

Quel budget aujourd’hui chez Roland Bus Farm pour acquérir un bus et avec quel niveau de restauration ?

J’ai des offres entre 3.500 et 25.000 €, mais je prends le problème dans l’autre sens. Quel est le budget et les envies du client, et que peut-on lui proposer en échange.

Pour l’instant on arrive à proposer un bus clef en main, rabaissé ou pas, avec la mécanique révisée, les soudures réalisées, en peinture d’origine, à partir de 15.000 €, en fonction aussi de la base, de ce qu’il faut faire pour l’intérieur, les pneus et jantes, le moteur, etc.

Quelles sont les tendances qui t’intéressent le plus en ce moment sur la scène VW Aircooled. Que souhaiterais-tu importer des scènes des autres pays ?

Roland's Bus Farm | BeCombiJe dois dire que les maniaques du boulon d’origine et ceux qui restaurent des Splits vraiment bien morts, en tentant quand même de préserver un maximum l’originalité du véhicule me plaisent bien. Souvent, ils m’épatent même.

Je pense notamment a ce couple de passionnés américains qui ont rajeuni l’intérieur Westfalia Campingbox de leur Split. Ils ont été jusqu’à démonter proprement les panneaux en bois explosés et gondolés par l’humidité pour les restaurer, un par un et avec une patience incroyable. Le résultat a des cicatrices du passé, mais il est bien plus authentique que si ils avaient tout foutu à la poubelle et remplacé par du neuf. Je n’ai pas la patience de faire ce genre de boulot ! Mais le résultat est là.

Ou alors Florian George, qui a été chercher son Barn tôlé dans le marais et qui le restaure avec une qualité de réalisation incroyable, mais en préservant la peinture d’origine tant que possible. J’aime l’originalité de ces véhicules, les matériaux d’époque même si ils ont des déchirures, les peintures d’origine même si elles ont des coups, des griffes ou un peu de rouille. Ils ont tous vécu plusieurs dizaines d’années, ils ont une histoire et vouloir la préserver est quelque chose que j’apprécie énormément dans la scène “bus Split” mondiale. J’espère que cette mentalité va faire doucement son chemin dans le monde du bay, même si je vais passer pour un vieil emmerdeur. ;) Et puis ils peuvent se les garder, leurs Splits!

Notre visite de la « Roland’s Bus Farm » en photos

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